Lettre ouverte de Daniel Régnier sur l’appel aux retraités pour casser la grève.

Publié le par Webmaster


rien


En retraite, j’ai reçu une lettre de Monsieur l’Inspecteur d’Académie, mon ancien employeur. Il ne m’a pas oublié ! J’en suis si flatté que je ne résiste pas. Je veux lui répondre, publiquement, par une lettre ouverte.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, je vous remercie d’avoir pensé à moi, ainsi qu’à tous ceux qui ont quitté leurs fonctions d’enseignants au cours des trois dernières années. Il est question dans votre lettre du Service Minimal d’Accueil (SMA), dispositif imaginé par notre gouvernement pour faire supporter aux communes les inconvénients des grèves dans les écoles. Les maires ont des difficultés à mettre en oeuvre ce dispositif, alors vous avez eu l’idée de faire appel à l’enseignant en retraite que je suis. Monsieur mon ancien supérieur, je n’ignore rien des problèmes que rencontrent les parents des élèves dont l’enseignant est dans la rue. Je vois bien également, étant élu municipal, les problèmes engendrés dans les mairies par un SMA démagogique et biaisé. Pour autant, je ne répondrai pas à votre appel à la traîtrise envers mes anciens collègues.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, votre Ministre, a creusé un certain nombre de pièges autour de l’école. Il a diminué le temps scolaire de tous les élèves tout en imposant des programmes plus lourds, il veut diminuer le nombre des enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté tout en imposant aux autres de bricoler une aide après la journée ou à la pause de midi, il a fait transmettre par vos soins un mode d’évaluation dont la perversité est dénoncée par tous…

Le SMA est l’un de ces pièges, qui vise, par la démagogie, à remettre en cause la visibilité des grèves d’enseignants, donc leur possibilité. Ce piège là se referme un peu sur les doigts du braconnier, ce n’est que justice.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, vous avez fait appel à moi en considérant que j’avais encore des compétences et gardais un intérêt pour le devenir du service public d’éducation. C’est vrai, j’en ai d’ailleurs parlé avec quelques collègues retraités, venus comme moi ce samedi montrer que l’école est encore dans nos préoccupations. J’en ai rencontré 4 en ville, selon la police. Et nous étions d’accord. Le droit de grève n’est pas en solde.

Publié dans Actions

Commenter cet article