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Mobilisations partout en France pour "investir dans l'éducation"

PARIS (AFP) — La contestation des réformes du ministre de l'Education Xavier Darcos s'est à nouveau exprimée mercredi dans la rue avec des actions et manifestations partout en France, tandis que le mouvement continuait de se développer sous des formes multiples et diffuses.

Xavier Darcos a qualifié ces mouvements de "presque habituels", tout en reconnaissant qu'il y avait une "petite concentration de mécontentements" dans l'Education. Le socialiste Jack Lang lui a parlé de "colère" contre la "démolition de l'école".

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, plus grosse fédération de l'Education, a estimé que le ministre "se trompait" en "minorant" le conflit et a averti que la contestation était en train de "prendre des formes très multiples".

Fanfare autour d'un Père-Noël, lâcher de ballons, rassemblements "bruyants": de multiples actions, qui se voulaient surtout symboliques, ont eu lieu dans pratiquement chaque département, à l'initiative de syndicats enseignants, de parents, d'étudiants et de lycéens.

Objectif: demander au gouvernement d'"investir dans l'éducation", dénoncer les 13.500 suppressions de postes de 2009, les réformes du primaire, du lycée ou encore celle de la formation des enseignants.

Ils étaient ainsi 2.000 enseignants, lycéens, parents, selon la police à Bordeaux, 1.500 à Marseille, 1.000 à 1.500 à Toulouse.

On en comptait entre 660 et 1.000 à Besançon, 900 à Pau, 800 à Tours, 300 à 500 à Nancy et Strasbourg, 200 à 400 à Metz, 200 à 300 à Vesoul, 300 à Poitiers, 250 à Rouen, à Reims 150, à Perpignan 150, entre 100 à 200 à Villeneuve-sur-Lot, Agen ou Saint-Brieuc.

A Paris, devant la gare Saint-Lazare, plusieurs centaines de manifestants dont nombre d'entre-eux portaient des bonnets de Père-Noël, ont distribué des tracts et ont momentanément bloqué une rue.

Dès le matin, plusieurs milliers de lycéens avaient manifesté à Rennes, Nantes et Cherbourg. A Brest, un manifestant a été interpellé alors qu'un petit groupe de jeunes sillonnait les rues en tentant de pénétrer dans un groupe scolaire privé et en dégradant des voitures en stationnement.

A Clermont-Ferrand, ils étaient 3.000 lycéens et étudiants à défiler, selon la police.

A Lille, des barrages filtrants ont été mis en place durant les premières heures de cours dans quatre établissements. Les cours ont aussi été perturbés dans plusieurs lycées de Midi-Pyrénées, à la suite d'actions de blocage temporaire de lycéens, selon le rectorat à Toulouse.

Au-delà des actions encadrées par les syndicats, les protestations en cours continuaient de prendre de nouvelles formes: occupations d'écoles et de lycées la nuit, utilisation d'internet, appels à la désobéissance pédagogique, surtout en primaire.

Une pétition lancée sur internet par une centaine de maîtres d'écoles pour demander la démission de M. Darcos avait recueilli mercredi plus de 13.600 signatures.

A la question de savoir si le ministre allait revoir ses réformes, M. Darcos a répondu sur Europe 1: "je ne suis pas ministre de l'hésitation nationale, j'ai un devoir pour les générations futures. Il s'agit de réformer dans un pays qui en a besoin", défendant en particulier sa réforme du lycée.

Comme en écho, l'ex-ministre PS Jack Lang a déclaré sur RMC, à l'adresse de M. Darcos: "Si vous continuez comme ça, l'Education nationale, ce sera votre Vietnam".

Le ministre a reçu le soutien des parents d'élèves de la Peep, qui a dit "adhérer" aux "grandes lignes" de la réforme du lycée.

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