Les échos

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La mobilisation gagne les lycées, Darcos vigilant

[ 11/12/08  ] 1 commentaires

Des professeurs distribuant des tracts gare Saint-Lazare déguisés en Père Noël. Des parents d'élèves occupant des écoles de nuit à Montpellier. Des enseignants entrés en « désobéissance » ou signant une pétition pour demander carrément la démission du ministre. L'approche des vacances scolaires n'entame ni la détermination ni l'imagination du milieu éducatif pour infléchir les réformes en cours Rue de Grenelle (13.500 suppressions de postes au budget 2009, soutien scolaire, nouvelle classe de seconde...).

« Eviter les débordements »

Pour préserver la feuille de paie des enseignants, les syndicats avaient délaissé hier la traditionnelle grève au profit de - nombreuses - actions symboliques. Mais les lycéens ont pris le relais sur le macadam. Dans l'ouest de la France, des dizaines d'établissements ont été perturbés depuis le début de la semaine, et si la plupart des manifestations étaient bon enfant, certaines ont dégénéré (à Brest) sous l'influence, notamment, de casseurs ou de militants d'extrême gauche. Ce durcissement précoce inquiète le milieu éducatif. « Jusqu'alors, les chefs d'établissement arrivaient à contenir les violences ; cette fois, des incidents violents arrivent immédiatement. J'ai des craintes, surtout pour janvier, je sens la mobilisation en train de monter », affirme le secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN, Philippe Guittet.

La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, a appelé ces derniers à être présents dans les cortèges pour « éviter d'éventuels débordements ». Quant au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, il a reconnu sur Europe 1 que « cela l'inquiétait », tout en se gardant bien de stigmatiser les lycéens, qu'il ne « confond pas avec des bandes radicalisées qui viennent tout casser ». Fin connaisseur du système, le ministre de l'Education sait la nécessité de redoubler de prudence, tant les mouvements de jeunes, réputés incontrôlables, sont de ceux qui font achopper les réformes (CPE, loi Fillon, loi Devaquet...).

Il avait d'ailleurs joué en amont la concertation avec les organisations lycéennes sur sa réforme du lycée. En vain ? La réforme, finalisée ces jours-ci, sera dévoilée mardi prochain et cette dernière ligne droite s'annonce délicate pour le ministre. Les syndicats, requinqués par les manifestations, soutenus par une gauche (PS, LCR) qui fait feu de tout bois sur cette question, font monter la pression en agitant la menace d'actions au mois de janvier.

Xavier Darcos, lui, joue sur les deux tableaux. Pour rassurer l'opinion publique, il s'efforce de minimiser les mouvements (une « petite concentration de mécontentements », « presque habituels ») et de réexpliquer ses réformes (il écrira prochainement aux parents d'élèves). Plus discrètement, il multiplie les gestes d'apaisement en direction des protestataires (professeurs de maternelle, de sciences économiques). Reste à savoir si cela suffira.

LAURENCE ALBERT

Publié dans Revue de presse

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