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REFORME DE L'EDUCATION Xavier Darcos a tort de minimiser ces mouvements CERTES XAVIER DARCOS n’a pas intérêt à céder, même s’il a modéré son ton. Avant un probable remaniement, même technique, il lui faut montrer qu’il est parmi les meilleurs élèves de la classe ministérielle. Mais ne pas céder c’est courir le risque d’alimenter un peu plus un mécontentement qui, s’il est multiforme, pourrait s’agréger. D’autant plus que la majorité des enseignants ne croit plus aux grèves classiques. De nouveaux modes d’actions se font ainsi jour. Hier il y a eu des fanfares autour d'un Père-Noël, des concerts de casseroles, qui ont eu lieu dans pratiquement chaque département. Mais, surtout, phénomène très nouveau, un regain de ce qu’on ne peut que qualifier de "désobéissance civile". Comme cet enseignant de Colomiers, près de Toulouse, à l’origine d’un appel à la « désobéissance pédagogique » ou comme Bastien Cazals, aux yeux de qui l’Etat ne pouvant plus garantir "à chaque citoyen les mêmes droits en terme d'éducation", il s'agit "du déni d'un droit fondamental" et que donc son devoir de citoyen est "d'entrer en résistance". En conséquence, il prévient qu'il n'appliquera ni les nouveaux programmes, afin de"participer à l'émergence d'une résistance citoyenne et non-violente, porteuse d'un projet de société généreux et ambitieux". Objectif de ce de mécontentement : demander au gouvernement d'"investir dans l'éducation", dénoncer les 13.500 suppressions de postes de 2009, les réformes du primaire, du lycée ou encore celle de la formation des enseignants. Cette mobilisation apparemment hétérogène touche tous les secteurs, les lycées, les IUT, les IUFM et l’entrée dans la danse des universités. Xavier Darcos a tort de qualifier ces mouvements de "presque habituels", même s’il a reconnu qu'il y avait une "petite concentration de mécontentements" dans l'Education. Une pétition pour la démission de Darcos se concluait par des mots qui tranchent radicalement avec l’habituel langage syndical : "Nous voulons rester dignes de notre mission d'éducateur. Nous demandons que cessent la brutalité, la méfiance et le mépris. Nous demandons l'arrêt de cette politique et la démission du ministre qui l'incarne". Un avertissement sans frais dont le ministre devrait se méfier. En 2000, en sous-estimant ces mouvements, Claude Allègre n’avait pas vu venir la danse du scalp qui a eu raison de lui. Les proviseurs, eux, s’inquiètent, à l’instar du secrétaire de leur principal syndicat : « Les mouvements sont plus durs dans cette période difficile. Jusqu'alors, les chefs d'établissements arrivaient à contenir les violences, cette fois des incidents violents arrivent immédiatement. J'ai des craintes, surtout pour janvier, je sens la mobilisation en train de monter". Jean-Marcel Bouguereau (le jeudi 11 décembre 2008) rédacteur en chef au Nouvel Observateur et éditorialiste à la République des Pyrénées, pour laquelle a été rédigé cet article et le lien pour aller sur la page du nouvel obs où il y a d'autres articles sur la mobilisation dans l'éducation, chez les lycéens et en IUT, et un article sur le collègue amputé de 5 jours de salaire pour son refus des réformes Darcos : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/social/

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