Nouvel Obs : La manifestation des enseignants

Publié le par Webmaster

Les éditorialistes reviennent ce vendredi 21 novembre sur la manifestation contre la politique éducative du gouvernement qui a eu lieu la veille :

SUD-OUEST
Bruno Dive

"L'Education nationale a vécu hier une grève et des défilés comme elle n'en avait pas connus depuis 2003 (...) Bien sûr, Darcos n'entend pas céder face aux syndicats. Ce n'est pas le genre de la maison Sarkozy où l'on fait profession de réformer le pays sans craindre les protestations ni les résistances. Et pourtant. Dans la discrétion est intervenue la première grosse reculade de l'ère sarkozyste. Si les grèves annoncées à la SNCF pour cette semaine se dégonflent les unes après les autres, ce n'est pas parce que le pouvoir a cédé. C'est au contraire parce que la direction de l'entreprise publique a retiré sa réforme du fret pour éviter un nouveau conflit social. Comme le recul de l'âge de la retraite chez les pilotes de ligne, les aménagements d'horaires pour les cheminots ne se faisaient pourtant que sur la base du volontariat. Difficile, au spectacle de ce recul, de ne pas penser aux dernières années du quinquennat chiraquien, lorsque l'ancien Président préférait céder plutôt que d'affronter un conflit social."

L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Nicolas Sarkozy s'est félicité de "mettre l'argent public dans le travail" car, a-t-il affirmé, "la meilleure politique sociale c'est celle qui permet de continuer à investir dans l'industrie." Cette logique qui consiste à traiter le social en favorisant le développement ne semble pas concerner l'enseignement qui, au contraire, voit ses "fonds" diminuer et ses objectifs révisés à la baisse. Investir dans le savoir est pourtant le moyen le plus sûr de permettre à chacun d'aborder dans les meilleures conditions la vie professionnelle. Or, ni le développement, ni le social ne semblent être les priorités d'une énième réforme de l'école que Jack Lang, ancien ministre de l'Education, assimile à "un plan de destruction systématique". Sans aller aussi loin, on ne peut que redouter les conséquences d'un "changement" qui ressemble plutôt à une volonté d'adapter le système scolaire à des rigueurs financières. Et n'en déplaise à Xavier Darcos, le meilleur moyen pour une profession non écoutée de faire passer son message d'inquiétude, c'est encore la grève, fût-elle démodée."

L'ALSACE
Luc Marck

"Une chose est d'ores et déjà acquise, que même les données officielles reconnaissent : la forte, voire très forte, participation des enseignants du 1er degré à ce mouvement. L'ancien prof qu'est Xavier Darcos ne les a pas convaincus, ni avec la suppression du samedi matin, ni avec l'organisation et les modalités du soutien scolaire, ni avec la refonte des programmes, ni, à plus forte raison, avec la suppression des réseaux d'aide aux élèves en difficultés, et encore moins en annonçant la suppression de nouveaux postes d'enseignants (...) De l'école maternelle et élémentaire, la conduite des affaires éducatives gagnerait sans doute à se ménager quelques plages de dialogue, un peu de pédagogie. A moins que, chez le ministre, le politique n'ait définitivement zappé le professionnel."

Publié dans Revue de presse

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