Ouest France : École : dur de sortir du rituel de la grève !

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Philippe Renault
Ils étaient 5000 à Rennes (photo) et Caen, 10000 à Nantes... pour dire non aux réformes de leur ministre. : Philippe Renault

Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, ironise sur les syndicats. Ceux du primaire, ragaillardispar la forte mobilisation d'hier, lui proposent de négocier. Pour l'heure, c'est non.

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Il n'y est pas allé de main morte, Xavier Darcos. Hier matin, avant même que ses fonctionnaires ne commencent à défiler, il ironisait, sur RTL, à propos des slogans syndicaux: « La casse du service public, le manque de moyens, le mépris du ministre... Les Français auront le sentiment d'avoir entendu cela trente fois. » Avec une moyenne de « quatre grèves par an », précisait le ministre.

Comment sortir de ce rituel de la grève trimestrielle, au terme d'une solide journée de mobilisation? Dans le primaire, la fronde a le vent en poupe. Et les troupes sont fatiguées de râler dans le vide. Dès hier soir, les trois poids lourds du secteur (SNUipp, Unsa et Sgen-CFDT) ont rompu avec leur train-train.

« Préavis de négociations »

« Prenant le ministre au mot », ils lui ont adressé un très inédit « préavis de négociations ». Xavier Darcos a « cinq jours pour les ouvrir », sous peine de « nouvelles actions ». Lesquelles n'attendraient pas trois mois.

Négocier sur quoi? «Maintenir les Rased (réseaux d'aide pour les écoliers en difficulté) ; garder la possibilité de scolariser des enfants de moins de trois ans; la formation professionnelle; le dialogue social... Bref, ce qui a été demandé dans la rue», explique Gilles Moindrot (SNUipp).

L'entourage du ministre préfère s'en tenir aux réponses classiques des soirs de grève. Négocier ? « Mais on discute tout le temps ! » Les Rased et les suppressions de postes? « C'est le Parlement qui décide. » Et de chipoter sur l'ampleur de la mobilisation, « pas plus forte qu'en novembre 2007 ». À chacun son rituel.

François CHRÉTIEN.

Publié dans Revue de presse

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