JDD : Darcos "entend" mais s'obstine

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Par Gaël VAILLANT
 >> Xavier Darcos assure "entendre" la grève, mais ne changera pas ses plans. Le ministre de l'Education refuse de revenir sur les milliers de suppressions de postes annoncés ou sur les modifications des programmes scolaires. Selon les syndicats, près de 69% des instituteurs et 50% des professeurs du secondaire, contre 33% selon le ministère, étaient en grève jeudi matin.

Xavier Darcos a assuré sur RTL, jeudi matin, "entendre la grève" des enseignants de la maternelle à l'université, qui manifestent contre les réformes éducatives et les suppressions de postes. Mais le ministre ne comprend pas le besoin de "faire la grève". Il comprend les revendications des professeurs mais refuse de dévier de ses objectifs. Le SNUipp-FSU et le SE-Unsa, les deux principaux syndicats des écoles, voient les choses autrement: selon leurs porte-paroles respectifs, le ministre n'a jamais été "ouvert au dialogue social" et affiche un "mépris qui n'arrange rien". Pour Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa Education, "le ministre ne manque pas d'air". Il semble qu'aucun des deux grands syndicats n'aient été consultés avant l'annonce des suppressions d'emplois.

La grève était donc inévitable et s'annonce "massive". Selon les premières estimations des syndicats, 69% des instituteurs et plus de 50% des professeurs du secondaire n'ont pas assuré leurs cours jeudi matin, à 11h30. Des chiffres qui contredisent ceux du ministère, qui a affirmé jeudi à midi que 33% des Les universitaires, les lycéens de l'UNL et les étudiants de l'Unef suivent également le mouvement.

"Culture de grève" contre "culture de résultats"

Pour Xavier Darcos, une grève ne changera rien. Pour lui, cette "culture" de la protestation est "démodée": "La casse du service, le manque de moyens, (...) les ministres qui n'entendent pas, le mépris... combien de fois a-t-on entendu ça depuis une trentaine d'années ?", a-t-il lancé sur RTL. Le ministre de l'Education ne vise pas les enseignants qui disposent de leur droit de grève, mais plutôt les représentants qui les encouragent à l'utiliser: "Les professeurs méritent mieux que d'avoir des syndicats dont la fonction principale est d'organiser la résistance au changement", a-t-il martelé.

Sur le fond, le ministre de l'Education a réaffirmé que les suppressions de postes se poursuivront: "La question n'est pas de savoir combien les professeurs sont mais comment ils vont. Les courbes qui m'intéressent, ce sont les courbes des résultats." L'efficacité plutôt que la quantité. Face à cette argumentation, les syndicats dénoncent un manque de moyens et des suppressions de postes non justifiées (11 200 en 2008, 13 500 en 2009), comme ceux des maîtres spécialisés dans les difficultés scolaires. La refonte des programmes scolaires, jugés passéistes en primaire, et la suppression d'un an stage obligatoire pour les instituteurs novices sont également critiqués. Mais Xavier Darcos ne reculera pas, considérant que les grèves se répètent chaque année et ne représentent pas le corps enseignant.

En parallèle de la forte mobilisation annoncée, le Service minimum d'accueil (SMA), autour duquel s'est cristallisé ces derniers mois l'opposition gauche-droite, connaît jeudi son premier véritable test national. De nombreuses communes, dont plusieurs grandes villes socialistes, ont d'ores et déjà fait savoir qu'elles ne l'appliqueraient pas. Pour Xavier Darcos, ce blocage n'est qu'une "blague", puisque "toutes les maires de droite y arrivent". Selon le ministère de l'Education, ces villes ne représentent "que" 3 à 17% au maximum des communes pour chaque académie. Parmi ces "quelques" villes, se trouvent Paris, Lyon, Toulouse, Lille, Strasbourg, Montpellier, Caen, Nantes, Brest, Rennes, Clermont-Ferrand, Grenoble, Metz...

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