Lettre ouverte

Publié le par Webmaster

Bonjour,

Je suis maître E dans un RASED depuis 12 années.

Le RASED est un réseau d'aides spécialisés aux élèves en difficulté.

Il se compose d'un maître E , d’un maître G et d’un psychologue scolaire.

Le Rased prend en charge dans les écoles les élèves qui sont en difficultés graves et durables... qui ont mis en place des mauvais fonctionnements qui les empêchent d'apprendre à lire, à compter, à raisonner... mais il aide également des élèves dyslexiques, dyspraxiques, dysphasiques...Les maîtres de RASED ont suivi une année supplémentaire de formation pour apprendre  à analyser les difficultés de ces élèves et apporter les bonnes remédiations...


Aujourd'hui, le ministre veut supprimer 3000 postes de spécialistes de la difficulté scolaire pour l'année 2009 et le reste pour 2011. 

Que ce soit dans le milieu ZEP ou le milieu rural, ces postes sont indispensable au bon fonctionnement des écoles pour la prise en charge des élèves en graves difficultés dans le cadre du PPRE : projet personnalisé de réussite éducative, de l’aide personnalisée le soir, du projet individualisé d'aide pour le RASED , et des relations avec les parents et les partenaires socio-éducatifs de tout bord, l’intégration d'enfant handicapé, les régulations des difficultés dans les écoles et j'en passe ...)

Actuellement ce qui me préoccupe c'est le fait que les parents d'élèves ne soient pas informés de la disparition à venir des RASED, nous mettons pourtant tout en place avec des associations, des chercheurs, des parents, des enseignants, des radios, pour faire valoir notre statut et notre légitimité indispensables aux élèves et familles les plus  démunies  et les  plus fragiles de notre société...

La mise en place des deux heures d’aide personnalisée  le soir a pour but de remettre les enfants à niveau par rapport à des difficultés plus légères, rattraper une notion du programme qui n'a pas été comprise. Alors que la mise en place des aides spécifiques concerne les élèves avec des difficultés lourdes.

Ces aides ne doivent pas se substituer à notre travail mais doivent venir en complémentarité de l'aide à apporter aux enfants, car ce n'est pas du tout les mêmes missions, ni les mêmes objectifs à atteindre .

 Le ministre confond certainement ou volontairement la notion de remédiation, de rééducation et de suivi psychologique  avec la notion de soutien (cela reviendrait à dire qu'un maître ordinaire  devra tenir dans  ces mains  trois casquettes  en même temps,  le soir,  après la classe,  et avec beaucoup d'amertume et de fatigue...).

Exemple
: Un enfant qui déchire son cahier, qui répond au maître  dans la journée ou qui bouge sans cesse ne pouvant pas se concentrer ou  apprendre correctement, avec ou sans véritable  famille (foyer d'accueil) dans un environnement socio culturel pauvre ne sera plus  disponible le soir pour recevoir ces mêmes apprentissages, même en petit groupe (rythme , fatigue, nervosité, estime de soi refoulée par rapport aux autres élèves repartis à la maison pour souffler un peu et se restaurer) .



Le ministre et son équipe de magiciens  nous font disparaître  d'un coup de baguette,  pour des raisons budgétaires, sans voir à court terme la catastrophe pour les 150 000 enfants vivant des difficultés sociales, familiales et scolaires de plus en plus préoccupantes et ne pouvant plus être intégrés dans une vie normale et paisible...


Stéphane Leroy

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