La Nouvelle République : Les enseignants spécialisés : “ Touche pas au RASED ! ”

Publié le par Webmaster

Vive réaction et manifestation après l'annonce d'un projet de suppression des postes visant le dispositif d'aide aux élèves en difficulté. Témoignages.
 
Catherine, psychologue scolaire depuis plusieurs décennies, fait partie du réseau d'aide scolaire aux enfants en difficulté (RASED).
Sylvie, professeur des écoles depuis 1979, est en stage de formation pour devenir maître G, l'une des trois qualifications nécessaires pour travailler dans ce réseau d'aide.
Les deux figuraient hier en bonne place à la manif organisée par le syndicat SNUIPP devant l'inspection d'académie (lire ci-dessous). Leur emploi serait aujourd'hui menacé par un projet du ministre Darcos qui viserait à réintégrer ces enseignants spécialisés dans le corps des professeurs d'écoles, à leurs dires.
La première, attachée à une école blésoise, suit en permanence une cinquantaine d'écoliers en difficulté. « Sur la proposition de leur maître, je peux intervenir à raison de cinq à dix séances d'une heure pour aider un écolier. L'entretien se déroule dans l'école et l'intervention est déterminée en concertation avec l'enseignant et les parents. Il peut aussi bien s'agir de problèmes de comportement que relationnels ou d'ordre émotionnel qui gênent le bon déroulement de la scolarité. L'efficacité est reconnue et même évidente et on sait qu'on évite bien souvent des redoublements en intervenant rapidement. Certains enfants sont même demandeurs spontanés. »
 
“ Pas question
de laisser tomber
ces enfants ”

 
La seconde enseignait en classe normale depuis 1979. Plus ou moins sollicitée, c'est elle qui a demandé à suivre un stage de formation pour devenir maîtresse G. Une qualification qui permet à ces enseignants d'aider des enfants en perte de désir d'enseignement. « Je travaille actuellement sur un poste de rééducatrice dans la zone d'éducation prioritaire de Blois sur les écoles Charcot - Tourville, sous la tutelle d'un maître d'application temporaire. Et cela en collégialité avec l'enseignant et en relation avec les parents. A la fin de mon stage, j'aurai à rédiger un mémoire pour obtenir la qualification. Seul problème, c'est que le ministre envisage de supprimer les postes attachés au RASED et donc ceux de maître G. Je me demande à quoi va servir cette formation. Je risque donc de revenir à un poste normal d'institutrice à la prochaine rentrée scolaire. Mais, j'estime qu'il n'est pas non plus question de laisser ces enfants en difficulté à l'abandon. C'est la raison de ma présence à cette manifestation. »

Claude Choplin

Publié dans Revue de presse

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