Revue de presse "Darcos à la maternelle"

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LE FIGARO

Darcos se met à dos les enseignants de maternelle

  Delort/Figaro
Delort/Figaro

Une vidéo, dans laquelle le ministre de l'Education estime que la fonction des instituteurs de petite section est de «faire faire des siestes et changer des couches», suscite l'ire des syndicats.

«Est-il logique, alors que nous sommes si soucieux de l'utilisation des crédits de l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?». Prononcés début juillet, ces propos reviennent hanter Xavier Darcos qui doit faire face depuis lundi à la bronca des enseignants de maternelle. Ignorées pendant l'été, ces déclarations vidéos ont refait surface depuis un article de Rue 89 (qui a repris une information du blog enseignant «le Mammouth déchaîné»). Et provoquent la fureur des syndicats d'enseignants de maternelle.

«Cela montre l'ignorance crasse de Xavier Darcos qui n'a pas mis les pieds depuis longtemps dans une salle de maternelle», a déploré, à Rue 89, Luc Bérille le secrétaire général du SE-Unsa (Syndicat enseignant de l'Union nationale des syndicats autonomes). «Une des conditions pour l'inscription à l'école maternelle est justement que les enfants soient propres. Des assistantes territoriales sont là pour les soins physiques des enfants», rappelle-t-il. «Les enseignants de maternelle font un travail énorme de socialisation et d'apprentissage du langage. C'est un travail préparatoire aux apprentissages ultérieurs» que devront faire les enfants, souligne le secrétaire de SE-Unsa.

Les syndicats ont également peu apprécié la vision de Xavier Darcos de la scolarisation des enfants de moins de trois ans. «Si nous scolarisons aussi tôt les enfants, ce n'est pas pour des raisons scolaires mais parce que cela permet aux mairies d'éviter la fermeture de classes», a poursuivi le ministre, au cours de cette audition devant la commission des finances du Sénat, filmée par le canal interne du Sénat.

La Cour des Comptes contredit Xavier Darcos

Un raisonnement erroné, dénoncent les organisations d'enseignants. Confier un enfant de moins de trois ans à des structures alternatives de garde (crèche, halte-garderie) revient plus cher à l'Etat que de le scolariser. La maternelle ne coûte que 4.570 € contre 13.368 € pour les modes de garde alternatifs, a calculé la Cour des Comptes, dans son rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale.

Les syndicats réfutent aussi l'idée que scolariser des enfants de moins de trois ans garde des classes ouvertes. «A cause de la diminution du nombre de postes de professeur, on refuse de plus en plus d'élèves de moins de 3 ans pour accueillir les plus grands de 4-6 ans, dont le nombre augmente depuis 2000. L'Education nationale ne suit pas la courbe de natalité des Français», a regretté sur Europe 1 Gilles Moindrot, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs (Snuipp-FSU).

Face à l'avalanche de critiques, le ministre de l'Education nationale, déjà très contesté avec son projet de médailles pour les bacheliers, a joué la carte de l'apaisement. «Nous continuerons à scolariser les enfants de trois ans et des enfants plus jeunes, lorsque c'est nécessaire et possible localement. La question qui reste, c'est de savoir s'il faut recruter des professeurs à bac+5, qui auraient le niveau d'instituteurs de CM2, pour encadrer les enfants de 2 à 3 ans», a clarifié l'ancien maire de Périgueux à la sortie du Conseil des Ministres, mercredi. «On ne touchera pas à l'organisation de la maternelle», a-t-il promis

 

20 minutes

Darcos dément vouloir supprimer la maternelle mais persiste et signe sur les enseignants

Séance de lecture dans une école maternelle le 23 janvier 2007à Paris

Dominique Faget AFP/Archives ¦ Séance de lecture dans une école maternelle le 23 janvier 2007à Paris

 
Si Xavier Darcos a catégoriquement démenti ce mercredi tout projet de suppression de l'école maternelle, il s'est de nouveau interrogé sur la nature du travail des enseignants auprès des élèves de 2 à 3 ans: «La seule question que nous nous posons, et que d'autres se posent (...) c'est “est-ce qu'il faut généraliser la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans et est-ce qu'il nous faut des professeurs recrutés à bac +5 pour s'occuper des enfants de 2 et 3 ans?”», a-t-il déclaré à l'issue du Conseil des ministres.

Xavier Darcos réagissait à la diffusion sur Internet d'une vidéo datée du 3 juillet, dans laquelle il s'interrogeait à peu près dans les mêmes termes: «Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches? Je me pose la question», avait-il alors déclaré devant la Commission des Finances du Sénat.

«C'est une question qui mérite qu'on pose le problème»

Ces propos ont immédiatement  déclenché une polémique, poussant le principal syndicat des professeurs des écoles (Snuipp-FSU) et l'ancien ministre Jack Lang à lui demander des excuses. «C'est une polémique qui n'a pas lieu d'être. J'ai dit très clairement (...) qu'il est hors de question de toucher d'aucune manière à l'école maternelle en France, et en particulier que nous continuons à scolariser, on est les seuls d'ailleurs au monde, 100% des élèves à 3 ans», a répondu le ministre.

«C'est une question qui est débattue, qui est discutée et qui mérite qu'on pose le problème. Point. Selon lui, il n'y a pas "le moindre projet de porter atteinte à l'école maternelle en France telle qu'elle est», a-t-il insisté.

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RUE 89

Darcos : les profs de maternelle ne « changent que les couches »

La vidéo date du 3 juillet, mais n’agite que depuis quelques jours la blogosphère enseignante. Auditionné par la commission des Finances du Sénat, Xavier Darcos y expose son objectif de réduction du nombre d’enseignants en première section de maternelle. Enseignants dont le ministre de l’Education nationale n’a pas une haute opinion  :

« Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches  ?  » (Voir la vidéo)


Un manque de considération qui fait évidemment bondir le secrétaire général du SE-Unsa (Syndicat enseignant de l’Union nationale des syndicats autonomes). Luc Bérille se dit « désolé de voir le ministre manifester son ignorance crasse pour le travail de ceux qui dépendent normalement de son ministère ».

Et de rappeler « qu’une des conditions pour l’inscription à l’école maternelle est justement que les enfants soient propres », sans compter l’aide des assistantes territoriales. « Dire que ça résume à lui seul le travail des collègues de maternelle, c’est particulièrement injurieux pour la profession », poursuit Luc Bérille, qui énumère le « travail énorme » réalisé par ces enseignants. (Ecouter le son)


 

Surtout, à côté de ces propos polémiques, Xavier Darcos se base sur un raisonnement erroné pour faire des économies. Une erreur que vient justement de pointer la Cour des comptes dans son rapport sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, rendu public le 10 septembre.

La Cour des comptes souligne qu’en raison du désengagement déjà effectif du ministère de l’Education nationale, « le taux de scolarisation des 2-3 ans a diminué de 27% entre 2003 et 2007 » et qu’à « la rentrée 2005, 5000 enfants étaient en attente de scolarisation en maternelle », alors que le taux de fécondité ne cesse de croître en France. Avant d’asséner un commentaire en forme de désaveu pour le ministre  :

« Cette évolution apparaît peu cohérente au regard de la bonne utilisation de l’argent public  : le coût par enfant est moindre s’il est accueilli en maternelle plutôt qu’en EAJE [Etablissements d’accueil de jeunes enfants, c’est-à-dire les modes de garde collectifs alternatifs, ndlr] (13 368 € en 2006 en EAJE, contre 4 570 € en maternelle, hors périscolaire). »

Xavier Darcos disait craindre de provoquer « une tempête de polémiques » en soulevant cette question, mais il n’a rien fait pour l’éviter.

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