"Débrouillez-vous!" (Ouest-France)

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Xavier Darcos aux maires : « Débrouillez-vous ! »



Compliquée à mettre en place, l'aide personnalisée des écoliers ? Le ministre de l'Éducation tient bon sur sa réforme, malgré les soucis exprimés par les élus.

Plus le temps passe et moins Xavier Darcos use de ce langage consensuel qu'il affectionnait à ses débuts à la tête du ministère de l'Éducation nationale. Hier, lors de sa conférence de rentrée, il a répondu sans mettre de gants aux critiques des élus locaux. Ces derniers, par le biais de l'Association des maires de France (AMF), lui demandaient de retarder d'un an le lancement du soutien personnalisé dans les écoles. « Je le dis avec amitié, mais franchement, notamment aux élus de l'opposition : débrouillez-vous ! C'est votre mission (d'organiser cette aide aux élèves). Je ne différerai pas sa mise en place. Et le ministre d'ajouter : Cessons de soulever des problèmes là où il faut trouver des solutions. »

« Je me débrouille et... je paie ! »

Dès octobre, donc, les professeurs du primaire devront consacrer près de deux heures par semaine à donner des cours de rattrapage à leurs élèves en difficulté. L'État paiera les salaires des enseignants, les communes assureront la logistique. Tant bien que mal. « Pas le choix, alors je me «débrouille», soupire Pierre-Yves Jardel, maire centriste d'Orbais-l'Abbaye (Marne), chargé des questions d'éducation à l'AMF. Mais je vais dépenser plus d'argent ! » Dans les écoles de sa communauté de communes, la pause de midi va être allongée pour y intercaler du soutien aux plus faibles. Du coup, il faudra recruter du personnel pour s'occuper des autres écoliers pendant ce temps-là... Ailleurs, les élus devront ouvrir l'école plus tard le soir ; ou encore avancer l'heure des cars scolaires...

« Voilà la méthode de Darcos, gronde René Regnault, maire socialiste de Saint-Samson-sur-Rance, président de l'AMF des Côtes-d'Armor. On passe en force, dans la précipitation, et si ça ne marche pas, on mettra ça sur le dos des maires. Et de glisser, vachard : Sa déclaration du jour m'éclaire sur la clairvoyance des électeurs de Périgueux, qui ne l'ont pas gardé comme maire au printemps. »

Comme beaucoup de ses collègues, l'élu de Saint-Samson attendra la rentrée pour décider concrètement des horaires de l'aide personnalisée avec les professeurs et les parents d'élèves. Mais il refuse par avance d'y engager des fonds. « La pédagogie, c'est le domaine de l'État. »

François CHRÉTIEN.

Droit d'accueil : c'est désormais inscrit dans la loi. En cas de grève des professeurs, les maires seront tenus d'organiser l'accueil des écoliers. Un autre motif de contentieux.

Luc Bérille, du syndicat Unsa-SE : « Dans le primaire, nous craignons d'assister, dans les semaines qui viennent, à un espèce de grand bazar. »

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