École : la mobilisation ne mollit pas

Publié le par Webmaster

Une chaîne humaine le long de la ligne du tram, de l'Inspection d'académie au Rectorat, pour dénoncer « des mesures brutales contre l'école ».

Une chaîne humaine le long de la ligne du tram, de l'Inspection d'académie au Rectorat, pour dénoncer « des mesures brutales contre l'école ».

La mobilisation contre les mesures du ministre Darcos ne faiblit pas. Hier mercredi, une chaîne humaine a rassemblé de 700 à 1 000 personnes à Nantes.

« Nous voulons montrer à l'Inspecteur d'académie que le mouvement commencé le 3 avril n'est pas fini », explique un syndicaliste. La fin de l'année scolaire est toute proche. Pourtant, la mobilisation ne mollit pas. Protégé sous un parapluie, un instituteur de la Brière dénonce « le dédain ministériel pour (son) métier ».

Cet enseignant exerce à Sainte-Reine-de-Bretagne, le pays du poète René-Guy Cadou. Il récuse « les nouveaux programmes du ministre, qui sentent la naphtaline ». Comme ses collègues qui manifestent à l'appel de l'intersyndicale enseignante (1) et des parents d'élèves (dont ceux de la FCPE), il n'apprécie pas « qu'on ne concerte pas les professeurs. Et pire : qu'on fasse contre eux ».

Ce sentiment d'être méprisés, les manifestants qui forment une chaîne de l'Inspection d'académie au Rectorat, l'ont pour bien des mesures engagées par leur ministère de tutelle. Ils récusent les mots qui blessent : « Je suis professeur en maternelle et je n'ai jamais surveillé la sieste, comme le dit le ministre ». Et d'ajouter : « Il faudrait que M. Darcos aille sur le terrain ».

En fait, c'est « toute une politique réactionnaire, qui vise à la démolition du service public de l'école, comme de la Poste, de France Télévisions, etc. » que les manifestants contestent. Celle de l'aide aux élèves en difficulté en dehors du temps scolaire, qui leur fait redouter la suppression à terme des réseaux d'aide adaptée (Rased) ou de la privatisation de cette action. Celle des suppressions de postes (« 80 000 postes en moins en France en cinq ans »). Une politique aussi de programmes scolaires révisés hâtivement, « où l'on veut que les gamins absorbent sans analyser ».

Solidaires de Sami

Les manifestants sont venus redire leur soutien à Sami Benmeziane, leur camarade mis en examen après la manifestation du 11 juin. Sidérés par de « telles brutalités policières », ils demandent l'abandon des poursuites à son encontre. La compagne de Sami Benmeziane, présente hier à l'inspection d'académie, parle « de criminalisation d'un mouvement social légitime ». Cette enseignante nantaise, comme 700 (chiffre de la police) à un millier d'autres ce jour-là, « refuse de faire de ses élèves une bande de moutons (allusion à l'apprentissage par coeur). Nous ne voulons pas former des gens surtout pas habilités à trop penser ».

Rejetant la remise en cause de leur mission citoyenne et de leur métier, les enseignants font savoir que les vacances seront courtes. « Dès le 3 septembre, nous reviendrons ici. Nous voulons le retrait des mesures Darcos, 200 postes et la titularisation des précaires. Toutes choses que nous n'avons pas obtenues. Nous disons donc à l'Inspecteur d'académie : ce n'est qu'un au revoir ! ».

Gaspard NORRITO.

(1) Les syndicats suivants ont appelé à manifester : le SNU-IPP, le SE-UNSA, le SDEN-CGT, le SGEN-CFDT, le SNUDI-FO et Sud-éducation.

Ouest-France

Publié dans Revue de presse

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