L'Humanité le 18 juin

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Société

Carte scolaire à Paris : la rentrée sera chaude

Éducation . Le rectorat a dévoilé hier son projet, reportant à la rentrée 37 décisions d’ouverture et de fermeture de classes. Parents et enseignants ne décolèrent pas.

Incertitudes et inquiétudes : c’étaient les sentiments exprimés par les parents d’élèves et enseignants de l’école maternelle Tourtille, rencontrés vendredi lors de la Nuit des écoles. Ils n’ont pas de quoi être rassurés maintenant que la répartition des postes est dévoilée. L’inspecteur d’académie Édouard Rosselet a annoncé, hier, pour la rentrée prochaine quatorze fermetures de classes en maternelle pour seulement dix ouvertures. En élémentaire, dix classes seront fermées et vingt ouvertes. « Soit un solde de cinq postes en moins en maternelle et dix classes de plus en élémentaire », annonce fièrement l’inspecteur. L’objectif est de « s’adapter aux évolutions des effectifs » : 600 élèves en plus sont attendus en élémentaire et 600 de moins en maternelle.

« des fermetures déguisées »

Mais l’inspecteur d’académie ne prend pas en compte les trente-sept ouvertures et fermetures de classes en suspens, ce qui ne satisfait pas les représentants des enseignants et des parents d’élèves. Quatre classes de maternelle sont l’objet « d’ouverture conditionnelle » et dix en élémentaire. À l’inverse, dix classes pourraient être fermées en maternelle et treize en élémentaire. Les décisions dépendront du décompte d’élèves effectué dans ces écoles par le rectorat à la rentrée. « Ce sont des fermetures déguisées », enrage Bernard Dubois, de la FCPE Paris, selon qui « un nombre important d’élèves issus de l’immigration reviennent souvent quelques jours plus tard à cause du prix des billets, trop chers pour leurs parents en période de pointe. Et puis mettez-vous à la place des parents à qui on annonce que la classe de leur enfant est suspendue jusqu’à la rentrée prochaine… »

« problème déplacé à la rentrée »

Autre sujet d’inquiétude : les cinq postes de « soutien lecture-écriture », qui intervenaient dans dix écoles ZEP, ont tous été supprimés. Il s’agit « d’éviter l’empilement de dispositifs qui rendent illisible le fonctionnement de l’école », se justifie Édouard Rosselet, puisque les deux heures libérées du samedi seront utilisées à cette fin en semaine.

« Une décision incohérente », fulmine Bernard Dubois. « On remplace un dispositif efficace par un ensemble incohérent dont les effets pédagogiques sont très incertains. » « On va se battre pour ces postes », affirme Nicolas Wallet, représentant du SNUipp à Paris.

Selon ce dernier, si quelques avancées ont été accomplies, la copie rendue par l’inspecteur d’académie est très médiocre. « Il a reculé sur certaines fermetures envisagées, par exemple aux écoles élémentaires Curial (19e) ou Charles-Hermite (18e), mais l’ensemble est très négatif. » La carte scolaire ayant été annoncée très tardivement, le rectorat ne mise-t-il pas sur la proximité des grandes vacances pour étouffer les contestations ? « Le problème est simplement déplacé à la rentrée, estime Nicolas Wallet, mais la mobilisation va continuer, y compris après les vacances. »

Jean-Michel De Marchi

Publié dans Revue de presse

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