Libération le 17 juin

Publié le par Webmaster

Carte scolaire: l'assouplissement renforce les ghettos


La première étape de la suppression de la carte scolaire conduit à une nouvelle dégradation de la mixité scolaire, «accélérant les processus sociaux déjà à l’oeuvre depuis des années», selon un rapport officiel.

LIBERATION.FR : mardi 17 juin 2008

La première étape, en 2007, de la suppression de la carte scolaire a contribué à dégrader davantage la mixité sociale, selon un rapport de deux inspecteurs généraux de l’éducation nationale d’octobre 2007 qui n’avait pas été publié et que Le Monde révèle dans son édition datée de demain.
Selon le journal, le rapport juge que le principal effet de l’assouplissement de la carte scolaire a été de dégrader davantage la mixité scolaire, «accélérant les processus sociaux déjà à l’oeuvre depuis des années».

«Dans la plupart des départements visités, la question de la survie de certains collèges est ouvertement posée», selon ce rapport. «C’est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l’épreuve: dans les établissements les plus convoités, il y a peu d’élèves de condition modeste; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu».

Après l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, le gouvernement avait entamé pour la rentrée 2007 une première étape d’assouplissement de la carte scolaire, sur laquelle porte ce rapport. L’objectif en est la suppression à terme.

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Education a confirmé l’existence de ce rapport, ajoutant que ceux de l’inspection générale de l’éducation n’avaient «pas tous vocation à devenir publics»

Ce rapport «tire le bilan de l’expérimentation» de l’été 2007 et est «déjà obsolète», a-t-on estimé au ministère, puisque l’assouplissement se poursuit pour la rentrée 2008.

Dans un communiqué mardi, l’Unsa-Education a réagi à la révélation du rapport en parlant de «logique du ghetto».

Selon ce syndicat, «le rapport montre» que la «liberté» pour les familles de choisir l’établissement de leurs enfants, promise par le gouvernement, «est un leurre: elle affaiblit les plus fragiles et les plus démunis».

Publié dans Revue de presse

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