Rue 89 le 15 juin

Publié le par Webmaster

Contre Darcos, parents et profs passent la nuit à l'école


Vendredi 13 juin, la "nuit des écoles" mobilisait dans toute la France, parents, professeurs, responsables administratifs, dans quelques 650 établissements du premier degré, tous décidés à occuper les lieux jusqu'au lendemain. Objectif: faire pression sur le ministre de l'éducation, Xavier Darcos.

Il y a un mois, directeurs et professeurs des écoles se mobilisaient déjà contre plusieurs mesures annoncées pour la rentrée prochaine. Mais depuis quelques temps, le mouvement s'est renforcé du soutien des parents d'élèves au personnel éducatif de cette école des tout-petits.

Un mouvement "apolitique et loin des syndicats"

Griefs principaux, toujours les mêmes: la suppression de postes d'instituteurs, la diminution du nombre d'heures d'enseignement (de 26 à 24 heures), le retrait des classes de soutien à la lecture bénéficiant aux élèves les plus en difficulté, ainsi que la suppression du fichier base-élève.

Ce mouvement se veut "apolitique et loin des syndicats" explique un jeune père de famille concerné, "très peu ici sont militants", souligne-t-il pour confirmer que c'est le devoir des parents de se battre pour ce qui doit être "clairement défendu". Les élus locaux de ces quartiers -à gauche- ont soutenu précocement la contestation.

Mais depuis peu, la ville de Paris à également pris une position claire et offensive. Les 11 et 12 juin, un rapport de force s'est officiellement engagé entre la Mairie et les services de l'inspecteur d'Académie, Edmond Rosselet, qui souhaitait interdire l'ouverture des classes le samedi matin en raison de possibles "risques sanitaires". Il est finalement revenu sur sa décision pour annoncer que les écoles seraient fermées dans le cas où des responsables d'établissement en manifesteraient la volonté.

Vendredi à 16h, Bertrand Delanoë a rajouté de l'huile sur le feu en se rendant dans une école maternelle polyvalente du XXe, l'école Davout. Rue89 y était. On pouvait voir le Maire de Paris, accompagné d'élus, rencontrer la directrice de l'école. Et expliquer face caméra la raison de sa venue. Anne-Charlotte Keller, adjointe de Frédérique Calandra à la mairie du XXe et chargée des affaires de la vie scolaire et péri-scolaire, explique les raisons de son investissement dans cette affaire qualifiée d'"hyper légitime". (Voir la vidéo)



A regarder une carte de Paris, on s'aperçoit que les écoles déterminées à occuper les locaux pour la nuit son principalement concentrées, à l'exception du XIIIe, dans les quartiers de l'est parisien. Des quartiers en difficulté pour qui les suppressions de postes alourdiraient considérablement la tâche de tout ceux chargés de l'éveil et l'apprentissage des enfants.

Dans le XXe, pas moins d'une vingtaine de maternelles étaient listées sur le blog Nuit des écoles en milieu de journée. A 18 heures, leurs représentants étaient devant la Mairie du XXe pour manifester, discuter, s'organiser, gardant à l'esprit les heures passées à s'encourager mutuellement pour lutter et faire réagir le ministère qui, selon la maman d'un petit garçon inscrit à la maternelle de Ménilmontant, "fait la sourde oreille et reste rigide".

Entre 20 et 21 heures, les parents sont dans les écoles. A l'école maternelle Couronnes, en face du parc de Belleville, en plein XXe, tous sont réunis à l'extérieur, autour d'un buffet. Dans la cour se mêlent les "petits loups" qui gambadent dans tout les sens et parents qui dégustent le couscous et autres spécialités cuisinés soigneusement à la maison ou dans les locaux même. L'ambiance est à la convivialité. Chacun y va de ses opinions, ses angoisses. On espère que le mouvement sera relayé dans les médias.

Contre le "déni des réalités" du gouvernement

Beaucoup expliquent leur difficulté à trouver le temps et l'énergie pour tenir, quand ils observent par ailleurs, avec amertume, que "les journalistes ne viennent pas". Ici, les inquiétudes se cristallisent autour deux suppressions de poste d'institutrice, mais de façon plus générale, de ce qui passe pour un total "déni des réalités".

La nuit s'épaissit, le groupe diminue. Certains récupèrent leurs enfants et se retirent en prenant soin de saluer ceux qui restent. Ceux-là se chargent d'envoyer des communiqués "officiels" signés des "parents d'élèves et enseignants en occupation nocturne" et stipulant que "le ministère et le rectorat de Paris n'ont pas apporté de réponses et n'ont pas engagé de dialogue, se contentant de faire pression sur les chefs d'établissement pour tenter d'enrayer un mouvement de colère et de protestation.

Aux alentours de minuit, les dernières tasses de café se vident, on évoque les préparatifs pour la fête de l'école du lendemain, on rigole encore quelques instants, relâchant la pression qui s'interrompt pour un temps.

Publié dans Revue de presse

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