Ouest France le 12 juin

Publié le par Webmaster

Anti-Darcos à Nantes : la manif'dérape

Hier, 16 h 30. Quelque 400 enseignants et parents d'élèves manifestent à l'inspection académique de Nantes contre la réforme Darcos.

Hier, 16 h 30. Quelque 400 enseignants et parents d'élèves manifestent à l'inspection académique de Nantes contre la réforme Darcos.

Les enseignants et parents d'élèves voulaient parler avec l'inspecteur académique. Les CRS sont venus les déloger des lieux. Cafouillage à Nantes.

Ça n'était pas au programme. Ils ont fini dans la soirée aux portes du commissariat principal de Nantes. Hier, la journée a brutalement dérapé pour les enseignants et parents d'élèves opposés à la réforme Darcos.

Retour sur les faits. Il est 20 h. Colère et protestations devant le commissariat Waldeck-Rousseau. Les manifestants réclament la remise en liberté de leur collègue, « seul Maghrébin dans les rangs ». Il a été interpellé dans l'après-midi par les forces de l'ordre alors qu'il occupait, avec d'autres, les bureaux de l'inspection académique. On lui reproche d'avoir retourné le doigt d'un policier dans un couloir de l'établissement, pris d'assaut par les anti Darcos. Il sera finalement relâché dans la soirée.

« Il risque gros. Sa carrière pourrait être mise en jeu ». Didier Hude, du syndicat enseignant FSU, s'inquiète pour l'instituteur placé en garde à vue. Enseignants et parents d'élèves s'avouent consternés. « On est venu à l'inspection académique pour dialoguer. On s'est retrouvé malmenés, agressés. C'est grave », lâche Céline, déléguée de parents d'élèves à Sainte-Luce-sur-Loire. Encore choquée d'avoir vu l'instituteur, « 50 kg tout mouillé, menotté dans le dos et serré par cinq CRS. »

Interloqué aussi, Rodolphe, assistant d'éducation à Nantes. « Les policiers nous ont violemment empoignés. Cinq CRS m'ont attrapé par le cou. » Bleus, contusions, malaises. Rodolphe et d'autres ont décidé de porter plainte.

La Préfecture précise de son côté qu'en tout trois policiers ont été blessés (deux légèrement) au cours du délogement des manifestants.

La manif'avait pourtant démarré gentiment. A 16 h, des merguez grillaient tranquillement dans la cour de l'inspection académique, ça fleurait bon les retrouvailles entre collègues. Et des enfants, venus avec leurs parents, courraient dans les coins. Mais la délégation, venue rendre sa copie Darcos biffée, trouve porte close chez Gérard Prodhomme, l'inspecteur académique. Les manifestants grimpent quatre à quatre dans les bureaux de l'éducation nationale. « On n'a rien cassé. Tout ça a été très pacifique », assurent-ils.

« On voulait juste qu'il nous écoute »

Vers 17 h, les CRS débarquent, évacuent les enfants en premier. Les manifestants résistent. Ils finiront par trouver un compromis. Quitter l'établissement à condition d'être reçus par Gérard Prodhomme. Qui finira par écouter leurs doléances dans la cour du bâtiment. Mais le dialogue garde un goût amer pour les manifestants. « On voulait juste qu'il nous écoute. Toute cette violence, c'était pas justifié. »

Isabelle MOREAU.

Publié dans Revue de presse

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