L'Humanité le 4 juin

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Ecoles occupées : la réforme Darcos ne passe pas à Paris

PRIMAIRE. Grèves et occupations d’écoles se multiplient. Instits et parents d’élèves s’opposent toujours aux projets du ministre de l’Éducation nationale.

Ça bouge dans les écoles parisiennes. Depuis la manifestation nationale du 15 mai, la fronde continue contre la réforme du ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos. Des grèves reconductibles touchent une dizaine d’écoles élémentaires de Paris, principalement dans le 18e, 19e et 20e arrondissement. Dans certains établissements, le bureau du directeur ou de la directrice est également occupé, même si les enfants ont classe. C’est le cas à l’école Marcadet (18e). « Les mesures annoncées par le ministre touchent directement les écoles des quartiers populaires qui vont être encore plus fragilisées », explique Pascal Moncey, dont la fille est scolarisée dans l’établissement. Pour Nicolas Wallet, représentant du syndicat enseignant SNUipp à Paris, l’objectif de ces actions conjointes avec les parents « est de sensibiliser l’opinion sur le danger que représentent les mesures Darcos : manque de concertation, mauvaise réaffectation des deux heures de classe du samedi, nouveaux programmes rétrogrades… ». Le mécontentement concerne aussi la suppression de postes d’enseignants. À l’école Vellefaux (10e), quelques parents d’élèves occupent le bureau de la directrice depuis lundi, tout en laissant élèves et enseignants travailler. Ils protestent ainsi contre la fermeture envisagée de l’une des neuf classes de l’école, « qui ferait passer les effectifs à 30 élèves », expliquent Joyce Saada, l’un des parents qui participent au mouvement. Édouard Rosselet, l’inspecteur d’académie du premier degré à Paris, évoque « des grèves clandestines ou semi-clandestines » et des occupations d’écoles « à la parisienne  ». Pour calmer les parents d’élèves au sujet des suppressions de postes, l’inspecteur d’académie assure qu’il ne s’agit que « d’hypothèses de travail » et « qu’aucune décision n’est encore prise ». Les mesures devraient être officiellement annoncées après la tenue, le 11 juin, du conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), réunissant élus locaux, enseignants, parents et éducation nationale. Édouard Rosselet s’engage : « À la rentrée 2008, il y aura au moins autant de classes à Paris que cette année », affirmet- il. Parents et instituteurs en grève ne le croient pas. La mobilisation continuera ces prochains jours.

Jean-Michel De Marchi paru dans l’Humanité du 4 juin 2008

Publié dans Revue de presse

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