Ouest France le 28 mai

Publié le par Webmaster

Les instits arrêtent mais... continuent

Hier matin, au Lieu unique, à Nantes. Une grosse centaine d'enseignants du premier degré décident de la suite du mouvement. : Frédéric Girou

Hier matin, au Lieu unique, à Nantes. Une grosse centaine d'enseignants du premier degré décident de la suite du mouvement. : Frédéric Girou

La grève, c'est terminé. Place à des opérations médiatiques. Un blocage est prévu aujourd'hui, quelque part dans le département.

En ce mardi matin, ça tangue dans la nef du Lieu Unique, à Nantes. Au fond, sur une petite estrade, les instits du jour, les leaders syndicaux de l'enseignement de Loire-Atlantique. En face d'eux, dans le rôle des élèves dissipés et chahuteurs, autour de 150 instits du premier degré venus de toute la Loire-Atlantique. En colère après les réformes en cours.

Des enseignants aussi remontés qu'un peu déboussolés. Que faire maintenant ? Continuer les occupations d'écoles ? Maintenir la grève ? Que faire, donc, quand, rien n'avance, quand le ministre de l'Éducation reste droit dans ses bottes ? Que faire quand « les télés nationales ne disent rien du mouvement, qu'elles vont jusqu'à minorer la manif de samedi » ?

La grève, ils le disent quasiment tous, c'est, dans tous les sens du terme, pas payant. « Le gouvernement fait des économies, c'est tout. On commence à baisser les bras », lance cette institutrice de Zep. Avec ses collègues, elle a pensé à une chose : « Il faut des actions médiatiques. Y'a que comme ça qu'on sera entendu. » Applaudissements.

« On va faire les routiers »

Un instit du nord-Loire rebondit : il signale qu'une équipe de TF1 se trouve à l'école de Rouans. Il ajoute : « Faut gagner la bataille de la communication. » Babacar Lame, le vice-président de la FCPE 44 (la fédération des parents d'élèves), invite les enseignants à « trouver une astuce aussi redoutable que celle du gouvernement ». L'imagination au pouvoir, donc ? De l'imagination, les instits en ont, mais, manifestement, qu'un tout petit peu en ces jours de lutte.

On parle tout de même de prise d'assaut du château des Ducs, de blocage de supermarchés, d'énorme pique-nique cours Saint-Pierre à Nantes, d'une manif à 800 000 personnes à Paris. Le pouvoir est dans la rue, tentent-ils de se convaincre. Oui, le gouvernement finira bien par baisser pavillon. Et ce, même si le temps est compté. Plus que trois semaines. Faire vite. Déjà, voter : pour ou contre le maintien de la grève ou encore « pour la suspension de la grève avec amplification du mouvement et poursuite des actions ».

La troisième proposition remporte à la quasi unanimité les suffrages. Non, assurent-ils, la formule, si longue soit-elle, n'est pas une pirouette pour sortir dignement de ce conflit. Mercredi, le combat continue. « On va bloquer quelque part, on va faire les routiers », prévient un leader syndical.

Jean-François MARTIN.

Publié dans Revue de presse

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