Ouest France (25 mai)

Publié le par Webmaster

Très forte mobilisation contre les mesures Darcos

Objectif atteint pour les organisateurs de la manifestation contre les mesures Darcos, hier. La pluie n'a pas éteint

les ardeurs. Ils étaient plusieurs milliers dans la rue.

Belle mobilisation. Plutôt très contentes les 19 organisations syndicales et associations qui ont appelé a manifesté hier « pour une politique éducative ambitieuse ». 6 500 manifestants estime la police. Plus de 15 000 disent les organisateurs. Ce qui est sûr, c'est qu'ils étaient très nombreux à braver la pluie pour dire non aux mesures du ministre Darcos.

Enseignants, parents d'élèves, lycéens, côte à côte, pour dénoncer les suppressions de postes mais aussi le « retour en arrière » des nouveaux programmes, l'aide aux élèves en difficulté hors du temps scolaire, les cours de rattrapage pendant les vacances...

« Retour en arrière ». « C'est un programme rétrograde », estime Christian Élie, du Sgen CFDT. Il est prof de français à Ancenis, auprès d'élèves de 4e et de 3e. « Au début du programme de 1997, il était écrit « il s'agit de former des futurs citoyens. Dans celui de 2008, une phrase dit en substance « il faut former les enfants à s'exprimer correctement ». Mais avant tout, il faut déjà qu'ils s'expriment. Et dans ce nouveau programme, ce n'est pas le cas. » Il cite la place des arts plastiques. « On va en supprimer la pratique en 6e et 5e et la remplacer par l'histoire de l'art. Or les enfants ont besoin de pratique. Pas de théorie. »

Parents très présents. La mobilisation s'amplifie. Près de 100 écoles étaient occupées hier matin, selon les syndicats. Les parents entrent de plus en plus dans le mouvement. « Ils sont excédés de ne pas être entendus », souligne Christiane Allain, présidente de la FCPE.

« Quand on voit leur nombre aujourd'hui, c'est une vraie réussite », dit aussi Bernard Vallin, du Snuipp. Ils montrent leur attachement à l'école publique laïque. Il est temps que le gouvernement l'entende. » Éric Salliot, 34 ans, est un de ces parents mobilisés. Papa de deux enfants à l'école de la Pierre Attelée à Saint-Brévin. « Les enfants en difficulté le seront encore davantage s'ils n'ont pas d'aide. Les deux heures de soutien, c'est du pipeau. On ne va pas aider les enfants en leur donnant une demi-heure par-ci, par-là. Ça ne va pas être très productif ».

Ce matin, avec d'autres parents, il a bloqué l'école. « Et on a eu un forum de discussion entre parents, enseignants et enfants. On a expliqué aux enfants ce qui se passait. Eux aussi, ça les inquiète. Ils ont demandé « est-ce qu'on va être obligé de casser les murs si on est trop dans une classe ? »

Des nouveaux manuels « sexistes ». Hélène et Eric sont les parents d'Elisa et Rose, élèves à l'école maternelle de Saint-Aignan. Elle, milite à la FCPE, lui a préparé la pancarte « L'école en solex, Sarko en rolex ». « C'est notre première manifestation. On est surtout en colère contre les nouveaux manuels scolaires pour les CP. Le contenu est sexiste, il prône un retour de la femme à la maison. Elisa rentre en CP l'an prochain. On n'est pas d'accord avec ces valeurs-là. »

Hélène évoque aussi les manuels d'éducation civique : « Il y a des phrases insidieuses, notamment sur des gens qui profiteraient du système social ». Et le samedi supprimé ? « C'est bien pour les parents mais pas pour le rythme de l'enfant ».

« Plus la même école pour tous ». Michèle et Véronique, parents d'enfants scolarisés à la Harlière à Saint-Herblain. « Tout est inquiétant dans cette réforme. Demain, ça ne sera plus l'école pour tous. Organiser du soutien en dehors du temps scolaire, c'est pénaliser les enfants qui auront des difficultés », s'indigne Michèle. Et son amie de poursuivre : « On est à la limite du bonnet d'âne. » Même inquiétude de Marie, 37 ans, et Laëtitia, 28 ans, mamans d'enfants en maternelle. « On va les mettre à part, les élèves en difficulté. Il n'y aura plus d'égalité dans le parcours scolaire. L'école ne sera plus la même pour tous. »

Yasmine TIGOÉet Marylise COURAUD.

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article